Partager l'article ! Tous les Shoop shoop de Pete: Dimanche matin, livres ouverts et feuilles volantes sous les nuages. Pete Doherty se met à chanter sur l ...
Dimanche matin, livres ouverts et feuilles volantes sous les nuages. Pete Doherty se met à chanter sur l'ordinateur de la cuisine, et j'arrête vite de faire semblant de travailler.
Il y a presque trois ans, lors d'un concert des Babyshambles en Italie, Pete avait été triste. J’avais bien cru qu’il n’arriverait pas au bout de son Albion, gras, titubant, le torse ensanglanté par les débris de sa bouteille de vodka. Comme attrapé dans le dernier métro et jeté sur une scène pour vomir dans un micro.
Mais hier ! Peut-être était-ce la perspective de ne plus donner de concert avant neuf mois - « Si ça tombe mardi, je serai en prison, alors je dédie cette chanson au Châteauneuf-du-Pape »-, en tout cas, Pete était plus que là.
Comparé à la version romaine de What Katie did, le Shoop shoop d'hier était doux, tout juste sautillant, laissant presque sur sa faim. Mais au moins Pete tenait sur ses jambes et ne se foutait pas de son public.
Après le concert, j’ai eu un peu honte en pensant qu’il ressemblait à Oscar Wilde (c'est facile et fantasmé, mais devant Pete on est obligé d'avoir 15 ans). Une nonchalance très étudiée, un art de l’approximation pleinement maîtrisé, un je m’en foutisme follement élégant : I say Fuck forever et j’ai la classe. Il a poussé le plaisir et l’impertinence jusqu’à reprendre Neil Young, The Needle and the Damage done. « Every junkie’s like a setting sun », le dandy sait de quoi il parle, même si sa prestation, hier, n'avait rien de crépusculaire.
Cette année, après Sophie Hunger, Pete m’a offert (bien sûr, rien qu’à moi) un deuxième instant de concert parfait. C’était sur Time for heroes, le genre de moment où on se dit qu’il ne faut pas aller chercher plus loin, que tout est là, offert devant soi. Polka dots fill the sky.